C'est un rameau d'olivier qu'une colombe amena a Noe.
C'est aussi contre un olivier que Jesus pria, ce fameux soir, seul, trahi,
abandonne de tous.
Mais l'olivier ne se "vante" jamais. Il n'a pas la vocation urbaine et
scolaire du platane, ni la majeste mystique, mais pointu vers le ciel, du
cypres. Encore moins, le "garde-a-vous" du peuplier regimentant nos routes
de France.
Il ne se pavane pas, dans les parcs sublimes de nos belles demeures, comme
le marronier ; lui, il est bossu, ventru, tordu et trapu !
C'est un "gros genereux", disent les meridionaux et l'on est jamais pauvre
quand on en possede un.
Sa richesse ce sont ses larmes noires qui, ecrasees, donnent ce liquide
d'or, secret de la cuisine provencale et des recettes de beaute qui font la
peau douce et les cheveux brillants de nos filles du Soleil.
C'est aussi ses bras noueux et veines, benis des sculpteurs pour leurs
attitudes tourmantees. Ses formes fantasmagoriques, recherchees par les
metteurs en scenes de Walt Disney a Pagnol.
Les peintres aussi, comme Cezanne, ont su rendre ce contraste surprenant
entre son corps torture et cette belle criniere frisee, aux reflets
argentes, qui ne se fane pas et ne vieillit jamais.
Et pourtant, stoique, il subit l'assaut du soleil de plomb, la soif le
taraude, il attend la pluie rare pour se desalterer. Il est sobre, pas de
riche terreau ; la rocaille, il s'en contente.
Ils se jalousent bien un peu, lui et son ami de toujours, le chene.
Diantre ! C'est qu'ils font de beaux centenaires !
Mais, le chene a les bras longs; il a su se placer dans l'Histoire de
France, cela remonte a St Louis, et depuis il a une reputation nationale.
Lui, l'olivier, il n'est que regional ! et sa vocation c'est le "don de
soi". Et quand il a tout donne, il offre encore, dans l'atre de la cheminee,
son ame bleutee qui crepite.
Mais tous les bois de France, chantent en brulant...me direz-vous ?
Oui, mais l'olivier, lui, chante "ave l'assen"... et c'est toute la
difference !!!